Interpellation du 12.01.2021- un manuel de géographie trop racé

En 5e année Harmos, les élèves apprennent, en sciences humaines et sociales, ce qu’est le concept d’habiter dans le manuel scolaire de Géographie (ou MER, Moyen d’Enseignement romand). 

Dans ce manuel scolaire, avant de se pencher concrètement sur les types d’habitat et ce que doit être un habitat, l’élève apprend ses besoins vitaux et ses besoins secondaires mais aussi les dix principaux droits de l’enfant (page 2 dudit manuel scolaire) afin de mieux appréhender le fait qu’habiter quelque part est un droit.  Ces dix principaux droits sont issus de la «  Convention des droits de l’enfant », de l’UNESCO, actée en 1989 (source indiquée dans le manuel).

Cependant, les articles sont rédigés d’une manière à ce qu’un élève, âgé entre 8 et 9 ans, puisse comprendre ses différents droits. Pour ce faire, les quatre articles initiaux de l’UNICEF ont été décortiqués et explicités en dix articles dans le  MER Habiter . Cependant, c’est dans cette retranscription que se situe notre problème.

En effet, l’article 1 de ces droits de l’enfant du MER stipule : «  Le droit d’être protégé-e contre toute forme de discrimination en raison de sa race, de sa religion, de son origine ou de son sexe. »

Or, la «  Convention des droits de l’enfant », n’utilise pas le terme “race” dans son article 1, intitulé « droit à l’égalité ». Cet article s’articule ainsi: « Aucun enfant ne doit être discriminé en raison de son sexe, de ses origines ou de sa nationalité, de sa langue, de sa religion, de la couleur de sa peau, d’un handicap ou de ses convictions politiques. ».

Ce terme de « race » est un terme très controversé et qui est, normalement, un terme révolu car le monde scientifique a démontré que nous sommes tous issus de la même branche des Homo : les Homo sapiens et qu’il n’ y aucun argument biologique permettant de légitimer cette notion. Cette dernière a d’ailleurs joué un rôle très sombre dans le contexte de la Seconde Guerre Mondiale. Ainsi, depuis de nombreuses années, le milieu scientifique préconise de ne plus l’utiliser mais de se concentrer sur les différentes ethnies, les différents phénotypes ou encore les différentes cultures.

Dans ce contexte, nous posons les questions suivantes :

1.     Comment le Conseil d’État peut-il justifier l’utilisation du terme « race » dans un manuel scolaire ?

2.     Pourquoi ne pas utiliser les termes actuels tels que « origine », « culture », « langue » ou encore « couleur de la peau » ?

3.     Le Conseil d’État peut-il, dans ce cadre, rappeler comment fonctionnent l’élaboration et la mise à jour des manuels scolaires ? Est-ce une commission interne au DFJC  ou est-ce un collège d’experts (désignés par qui et comment ?)